Amber Bracken

Photos Amber Bracken
Journaliste Alexis Aubin

Qui a le droit de décider des terres Wet’Suwt’en ?

 

Dans la nuit du 6 février 2020, la Gendarmerie Royale du Canada arrête des sympathisants de la communauté Wet’suwet’en qui s’oppose à la construction du gazoduc Coastal GasLink (CGL) sur leur territoire.

La tension ne cessait d’augmenter depuis janvier alors que les forces de l’ordre renforçaient leur présence sur le territoire Wet’suwet’en afin de faire appliquer une injonction de la Cour suprême de la Colombie-Britannique qui attestait que la société gazière était légalement autorisée à mener ses travaux.

Pourtant, les Nations Unies avaient émis, au cours de ce même mois, un avis exhortant le Canada d’arrêter la construction de trois projets énergétiques, dont celui de CGL, jusqu’à ce qu’il obtienne l’approbation des Premières Nations concernées.

 

 

Au cours des jours qui ont suivi, les attaques se sont perpétuées afin de déloger les membres de la communauté montées aux barricades. Une zone d’exclusion dressée par la GRC limitait alors l’accès aux médias, aux intervenants ainsi qu’aux membres de la communauté à leur propre territoire.

 

La photographe Amber Bracken séjournait alors pour la troisième fois dans la communauté afin de documenter sa lutte. Elle n’en était pas à sa première expérience de la sorte. L’Albertaine a travaillé sur de nombreux projets liés aux premières nations. Elle s’est entre autres faite connaître pour sa couverture des événements de Standing Rock où une communauté sioux et ses alliés ont lutté durant plusieurs mois contre un projet de gazoduc au Dakota.

 

Bien que les questions environnementales et énergétiques soient au centre de ces conflits, ce sont les rapports néocoloniaux nord-américains qui mobilisent la démarche d’Amber.

 

« Souvent, les enjeux sont énergétiques, donc je peux avoir l’air d’être anti-énergie ou quelque chose comme ça. Mais honnêtement, peu importe s’il s’agit d’un parc éolien ou d’un parc solaire. Le projet n’a pas vraiment d’importance. Si une communauté ne veut pas que ce soit sur son territoire, c’est ça l’enjeu fondamental, selon moi ».

 

 

 

Les interventions des autorités ont provoqué un mouvement de solidarité nationale. Les communautés se sont mobilisées partout au pays, organisant des blocus ferroviaires, des occupations de bureaux gouvernementaux et des collectes de fonds pour appuyer les gens de Wet’suwet’en. Selon la photographe, cette réponse collective à grande échelle est un moment décisif pour les modes de revendications autochtones au Canada.

 

Cependant, la réconciliation historique pourra avoir lieu que par une discussion holistique. Le journalisme peut contribuer à cet échange. « Quand il s’agit de colonialisme ou de colonisation, avec le journalisme, je ne pense pas qu’il y ait un juste milieu. Je pense que soit vous vous interrogez activement et vous le criez sur les toits, soit vous ajoutez votre silence à la complicité de la situation. Parce que fondamentalement la colonisation est un système qui a été construit pour déposséder les indigènes de leurs terres afin que nous

 

 

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Amber Bracken
Albertaine de naissance, Amber Bracken photographie principalement dans l'ouest de l'Amérique du Nord, avec un accent particulier sur les histoires de décolonisation. Après avoir fait ses débuts en tant que collaboratrice dans les quotidiens, elle a maintenant une brillante carrière indépendante. Ses clients incluent National Geographic, The Globe and Mail, The Wall Street Journal, BuzzFeed, Maclean's, ESPN, The Canadian Press et The New York Times. Elle a reçu de nombreux prix dont plusieurs du World Press Photo ainsi que la bourse Marty Forscher et un prix ICP Infinity.
Alexis Aubin
Alexis Aubin a étudié les communications à l’UdeM et la photographie au collège Marsan.  Que ce soit comme photojournaliste ou en tant que communicateur pour des organismes humanitaires, il utilise les médias afin de sensibiliser et informer sur les défis auxquels nous devons faire face collectivement.